Albert Hammond-père est l’heureux géniteur d’Albert Hammond Jr, le guitariste des Strokes, et c'est un homme chanceux. Lui qui en son temps avait aussi fait une belle carrière en tant qu’auteur (avec le tube «It never rains in southern california») fut également un compositeur reconnu. Il avait notamment écrit «The air that I breathe» pour The Hollies.
Et c'est cette chanson peu connue des 70’s qui a fait de lui un homme riche. Pourquoi me demanderez-vous ? Et bien en raison de sa ressemblance avec «Creep» de Radiohead, le groupe de Thom Yorke a accepté de partager les royalties sur ce morceau, et dès que vous l’entendez à la radio ou que son clip est diffusé à la télé, Papa Hammond se voit gratifier de quelques livres sterling supplémentaires…
La vie est quand même bien faite, comme quoi ce n’est pas si difficile de devenir riche. Son fils Albert Jr. n’a quant à lui pas commis la même erreur, et même si aujourd’hui les Strokes avouent avoir pompé le riff de «Last Nite» sur «American Girl» de Tom Petty(à l’écoute ici), un accord préalable a été trouvé et nos cinq new-yorkais ont évité la déconvenue de Radiohead. (merci à NME pour toutes ces révélations)
Allez, encore un peu d’argent pour Albert, voici ”The air that I breathe” by The Hollies :
C'est avec consternation que le service comptable de Cravate & Chaussettes vous fait part de la dernière lubie de notre ami Sting: après avoir pèle-mêle reconstitué Police (et ses concerts mous du genou) et enregistré un album de chansons moyen-âgeuses accompagné au luth et à la mandoline (une horreur absolue), voilà que l'Artiste a décidé de s'essayer à l'opéra!
Dans une oeuvre intitulée "Welcome to the voice" (pour la modestie, on repassera) et interprétée au théâtre du Châtelet, à Paris, notre homme joue et chante à la manière d'un baryton de seconde zone. Pour l'épauler dans son entreprise de destruction, il a sollicité ce brave Elvis Costello, qui doit encore se demander ce qu'il a bien pu venir faire dans une telle galère.
Entre ridicule et pose artistique, le complexe de supériorité de la rock star sur le déclin atteint alors son paroxysme. Triste spectacle, surtout de la part d'Elvis Costello, icone punk reconvertie en sideman d'operette. Ne reste plus qu'une solution: se consoler en se disant que les concernant, oui, c'était définitivement mieux avant.
"I want you", d'Elvis Costello, ici chantée par Fiona Apple: un monument en péril?
Debrief du Samedi 15 novembre à la Cigale pour être plus précis:
The Virgins : 8/20
On les attendait de pied ferme, et ils auront été définitivement décevants. Depuis que le chanteur à délégué sa guitare à un nouveau membre on croirait entendre jouer les Maroon 5.
Seasick Steve : 15/20
Deux cinquantenaires, salopette en jean et casquette John Deer, en provenance directe du Mississipi. Rien à redire, un Blues Country ultra détonnant joué sur une guitare à 3 cordes, des chansons qui parlent de fermes, de chiens et de moustiques, un vrai régal. Maintenant on sait à quoi ont été nourris les Kings of Leon.
Soko : 6/20
Ma petite sœur qui chante dans sa chambre avec ses copines, définitivement pas fait pour le live. Le seul moment du concert où il y a eu la queue au bar.
Friendly Fire : 13/20
Ils ont su nous donner ce qu’on attendait, ni plus ni moins, en revanche leur beats samplés sur lesquels leurs deux batteurs se sont acharnés peuvent à la longue être un peu lassants.
Foals : 17/20
Un groupe qui sait faire le spectacle, un chanteur survolté qui ose escalader au balcon ou jouer frénétiquement de la batterie en chantant. Un set ultra dense, sans répits, un vrai bonheur.
L’avis du comptable : un bien beau Samedi donc, avec tout de même pas mal de prépubères dans la fosse (merci Soko) et de quadras accoudés au bar (merci les Inrocks), on retiendra la superbe performance de Foals (cf. vidéo de "Cassius" par Foals), et comme on dit chez nous : «A l’année prochaine».
On les croyait finis, perdus, drogués, fâchés, en panne d'inspiration. Oasis, "plus grand groupe de rock'n'roll de tout les temps" auto-proclamé par un Noel Gallagher alors au firmament de sa gloire 90's, n'était plus que l'ombre de lui même depuis le diptyque "Definitely Maybe"/"What's the story (Morning glory)", pierre angulaire de la Britpop arrogante.
Que ce soit "Be here now", "Standing on the shoulder of giants" ou encore "Heathen chemistry", aucun des albums suivants ne soutinrent la comparaison avec leurs illustres aînés. Pourtant, une lueur survint au milieu du marasme lors de la parution de "Don't believe the truth", album qui disposait d'une certaine fraîcheur pop puisée dans les premiers albums des Who et autres Kinks, et ouvrait ainsi la voit au renouveau.
Et le renouveau d'Oasis, il se nomme "Dig out your soul". Les lads de Manchester se remettent enfin en question, et le résultat est là: tandis que "Bag it up", morceau d'ouverture, met tout le monde d'accord avec son riff crasseux et redondant, Liam nous compose une ballade d'anthologie ("I'm outta time") en hommage à son idole de toujours, John Lennon. Suffisant pour faire rentrer les frères ennemis au panthéon du rock.
Je peux vous assurer qu’il y a quelques mois encore, je n’aurais jamais imaginé parler d’Emma Daumas sur Cravate & Chaussettes, rien de personnel, mais simplement qu’en aucun cas je n’aurais osé parier sur le nouvel album de l’Avril Lavigne hexagonale, star-académicienne de surcroit.
Liasses fiscales et comptes de résultats ne me sont pas montés à la tête et j’ose désormais le crier à la face du Monde : «j’écoute et j’apprécie le nouvel album d’Emma Daumas».
J’ai tout d’abord dû me rendre à l’évidence, cette petite en impose, et sait nous prendre à revers (Quand je dis nous je parle de tout notre service comptable qui s’acharne sur les Plasticines et les Second Sex depuis 2 ans et qui se serait fait une joie de lapider le nouvel opus de la belle Emma). En effet, le premier extrait de cet album a su clore le débat avec un titre : «J’suis conne», qui nous envoie un flamboyant «je le suis et alors ? vous comptez faire quoi maintenant ? écoutez mon disque et on en reparle...»
C’est ce que j’ai fait, et bien m’en a pris. Car si The Dø chantait en français, si Micky Green avait fait la StarAc, si Feist était blonde, ou si les Cocoon n’était pas deux, nous n’aurions pas tant de préjugés sur Emma Daumas. Car son album «le chemin de la maison» (c’est son titre) vaut le coup d’oreille. Sans trop se prendre au sérieux mais avec cette fraicheur qui manque trop souvent aux chanteuses françaises, Emma Daumas nous ballade dans son univers, avec franchise et honnêteté, sur des mélodies folk acidulée et indie pop. Un joyeux remède contre la sinistrose ambiante et le ciel gris.
Pour les derniers incrédules, branchez vos minitels surjesuisconne.comoù son album est à l’écoute: