mardi 20 mai 2008

The Hoosiers prennent une Super Trempe

Les groupes anglais sont par essence vantards et orgueilleux, il s’agit pour la plupart d’entre eux d’une marque de fabrique, et certains tels qu’Oasis n’ont existé que pour imposer à leur public une fierté mal placée et une arrogance sans commune mesure.

Et les nouvelles pousses ont pris le relais, en effet, en 2007, The Hoosiers avaient eux aussi succombé aux vertiges de l’autocongratulation, en se proclamant les « nouveaux Supertramp » auprès des journalistes britanniques. Un an plus tard, cette même presse leur a donné tort puisque le trio londonien a été élu " Pire groupe de l’année" aux Shockwaves NME Awards 2008.

Ce qui me donne donc l’occasion d’évoquer les raisons pour lesquelles les Hoosiers ont été récompensé de la sorte. Pour faire simple, il s’agit juste d’un groupe en manque d’inspiration et en proie à un plagiat de tous les instants, qui par mégarde avait réussi à se hisser à la tête des charts.Et en voici la preuve:

- Leur pseudo tube, « Worried About Ray » ressemble étrangement à « Happy Together » des Turtles.

- Leur 2nd single, « Goodbye Mr A » reprend trait pour trait la structure de « Mr Blue Sky » du Electric Light Orchestra.

- Leur 3ème single, « Cops and Robbers » est quant à lui complètement pompé sur « The Lovecats » des Cure.

Pas la peine d'en rajouter, les preuves en musique:

free music

mardi 13 mai 2008

Les Ting Tings et l'oreille pas cassée

Le duo indie-electro anglais The Ting Tings a très bien commencé 2008, et ça n'a rien à voir avec la lointaine ressemblance de leur nom avec celui du propriétaire de Milou (...pardon).
Leur premier single «
Shut up and let me go » a été choisi par Apple pour la dernière pub iPod, (ce qui on le sait est un gage de reconnaissance: cf. New Young Pony Club ou Feist ), et ils se sont offert le luxe d’entrer dans le top 100 du Billboard aux UK.

Bien que formés il y a moins de deux ans, ces White Stripes électroniques méritaient bien un tel tremplin, tant leur univers qu’on peut qualifier de Claude François en pleine électrocution ou bien de James Brown en pantalon slim, à mis un sacré coup de vieux aux pourtant bien installés Chicks on Speed, Le Tigre ou Peaches.

Alors que leur premier album, « We started nothing » devraient sortir dans quelques jours, il semble désormais indéniable que vous devrez laisser une place de choix à ces deux trublions dans vos playlists estivales.

Et si vous n’aimez pas leur tube iPodesque, vous serez peut-être séduit par le lancinant « Great DJ » :



mardi 6 mai 2008

Quand pochette rime avec toilettes

Une pochette d’album c’est tout à la fois: la synthèse d’un univers, l’essence d’un instant hors du temps, et le divin réceptacle d'infos aussi précieuses qu'inutiles (code barre, track-listing et remerciements à papa, maman et au manager).

A travers les ages, certains chefs d’œuvre ont su épisodiquement rompre la routine (Sgt Pepper, Sticky Fingers pour ne citer qu’elles), et même si les belles pochettes se font de nos jours de plus en plus rares, nous pouvons compter sur les 70’s et 80’s pour nous fournir une source inépuisable de raretés mêlant le graveleux au grotesque.

Sans que ce soit une première, NME (fier magazine britannique) lance une vaste consultation autour des pires pochettes de l’histoire, à laquelle je vous invite à participer, et qui, j’en suis sûr, saura vous faire bénir le XXIème siècle à bien des égards.
Et pour les assoiffés de couleurs criardes et de filles dénudées, allez donc faire un petit tour du côté du classement de Djalanda lui aussi très intéressant.

Et comme le service comptable n'est pas en reste, voici un petit florilège de nos plus belles prises:


jeudi 17 avril 2008

Pourquoi je n’irai pas à Rock en Seine cette année...

- Parce qu’avec ma cravate en laine et mon gilet en tweed, certains pourraient croire que j’essaye de ressembler aux BB Brunes, alors que je sors juste du bureau.

- Parce qu’Amy Winehouse ne passera probablement pas le printemps, et que ce n’est peut être pas plus mal comme ça.

- Parce que même si je suis quelqu’un d’open je ne vais pas à un festival qui s’appelle « Rock Quelque Chose » pour voir Amy W., The Roots, The Streets et Justice.

- Parce qu’R.E.M je m’en tape.

- Parce qu’on ne peut pas payer les 75€ du forfait 2 jours en tickets resto.

- Parce que la comptabilité n’attend pas et que je ne pourrais pas poser de RTT pour un festival qui se déroule le jeudi et le vendredi en ignorant bêtement le week-end.

- Parce que ça m’écorcherait les fesses de n'avoir pour seul et unique plaisir que de supporter The Dø et les Kaiser Chiefs.

Soyez pourtant certains que mon opinion ne reflète sûrement pas celle de l'ensemble du C.E de C&C. (en vidéo, un exemple de ce que Rock en Seine savait faire de bien...avant...)


vendredi 11 avril 2008

Liam Finn, le nouveau Remy Bricka?


C'est terrible. Je m'ennuie de plus en plus au bureau. Et c'est encore pire depuis que le nouveau petit stagiaire (Pierre-Machin) est arrivé. Une petite teigne qui parle tout le temps, ce qui est ma foi excessivement pénible, d'autant qu'il a l'haleine terriblement fétide...Alors il faut bien que je m'occupe. Et pour cela, j'envoie Pierre-machin préparer du café, faire des photocopies, se brosser les dents, acheter un sandwich poulet-crudités, ou rechercher un dossier comptable à droite ou à gauche, puis, profitant de ma solitude retrouvée, hop! clic droit sur la croix rouge et hop! au revoir le tableur excel... Petit regard à droite, ...puis à gauche, pour s'assurer que le chef (cette fouine de Michel Michal) n'est pas dans les parages... Et là : hop! ... direction Youtube...

A titre indicatif, les 2 semaines précédentes m'ont ainsi permis de visionner successivement :
- les 792 "S.A.V. des émissions",
- les 158 vidéos de la "blogothèque",
- les 78 "chansons du dimanche",
- les 106 "François l'embrouille"
- les 82 lives des "flight of the conchords"

...Et cela en toute discrétion, et payé par l'entreprise en sus ! Elle est pas belle la salade?
Bien sûr, cela demande une grande expérience, une attention permanente, guettant le moindre bruit de carillon d'ouverture d'ascenceur, de pas de Mephisto, voire de poignée de porte, qui pourraient signaler l'intrusion imminente de Michel Michal dans mon bureau, ce qui me vaudrait surement un blâme.

Cette semaine est placée sous le signe du visionnage des 12.568 émissions du présentateur américain David Letterman, ce qui est une tache apparament ardue, mais à mon avis accessible. Et c'est mardi matin, aux alentours de 10h, pendant que j'avais envoyé cette petite raclure de stagiaire chercher une ramette de feuilles A4 sous le bureau de Régis Lateur, que j'ai découvert la vidéo de Liam Finn chantant "Second chance" sur le plateau de l'émission de la chaine CBS. A mes yeux, un des meilleurs lives de David Letterman. Ce type est à lui tout seul, grâce à son talent (et un peu aussi à sa pédale de sample...) l'équivalent d'un groupe tout entier. On pourrait par exemple comparer le seul Liam Finn à l'ensemble du groupe We are scientists : même barbe, même rythme punchy, même son de guitare, même batterie qui mitraille ... Mais en un seul homme ! Une réincarnation hype de l'Homme-orchestre en quelque sorte.

Impressionné, je décide de creuser un peu l'affaire, comme dirait Emile Louis.
Allons voir sur Wikipedia qui est ce Liam Finn :
(oh ... je crois que j'entends le bruit de l'ascenceur qui monte)
vite!... wikipeida, merde!, non...
wikdidepiia, MERRRDE ! vite vite! ....
(oh j'entends des bruits de pas dans le couloir)
"Liam Finn is a singer/songwriter, born on 24 September 1983 in Melbourne, Australia; he moved to New-Zeala..."


jeudi 10 avril 2008

The Teriyaki Boyz, la belle recette made in Japan.


Alors que nos amis chinois rient jaune en cette période pré-olympique, leurs homologues asiatiques Japonais sont autant à la pointe qu'un stylo bic taillé au Shogun...

Les Teriyaki boyz n’échappent pas à la règle. Les talentueux rappeurs tokyoïtes (ah mince ils sont de Yokohama merci google pour la modif) sont un modèle non seulement pour les rappeurs mais aussi pour n’importe quel marketeur.
Explication : le groupe a été créé par Nigo qui n’est autre que le fondateur de la marque Bape. Le designer/couturier/producteur a fait de ses boyz le porte drapeau de sa marque.
Une belle leçon de placement de produit diront les professionels de la réclame. Un clip de 4 minutes sur Mtv étant bien plus impactant qu’une pub de 30 S coincée entre deux spots Pampers et 3615 Ulla (au fait, ça existe, encore??).

Pedro Winter n’a donc pas le monopole de la capacité à faire de la bonne musique en véritable chef d’entreprise (cf. l’article sur BusyP page 160 dans GQ ).

Reparlons musique, Teriyaki boyz c’est surtout un dernier single "Zock ON" très convaincant feat Pharell Williams et Busta Rhymes. Les nippons ont déjà collaboré avec les meilleurs!La production est signée The Neptunes et même les Daft Punk figuraient dans le casting de leur premier album Beef or Chicken sorti en 2005.

Laissons place au clip !Sayounara 左様なら.




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mercredi 9 avril 2008

Bristol's back !


Pour révéler les petites ficelles rédactionnelles de C&C, force est de dire que nous avons en permanence une liste de nos articles à venir dans la tête, que nous organisons tant bien que mal entre nous cinq. Par exemple, ces derniers jours, je mûrissais, paisiblement, intérieurement, désordonnément : un article sur le passage du décalé Sebastien Tellier à l'Eurovision, un article sur Wes Anderson, un article sur Wax Tailor, un article sur les nouvelles méthodes informatiques d'archivage de dossiers comptables et un article sur les tableaux récapitulatifs des flux de trésorerie. Mais il y a quelques heures, un événement improbable a chamboulé l'intégrité innocente de ma pensée. Cet événement inattendu, c'est l'écoute de Third, le prochain disque de Portishead, prévu dans les bacs à partir du 28 Avril.

Il y a là quelque chose de complètement hallucinant, qui est arrivé à rivaliser et peut être même à dépasser les deux premiers opus du groupe anglais, que j'estime pourtant plus que tout autre compact-disc, excepté bien sûr "C'est lundi" de Jesse Garon, chef d'œuvre postmoderne, dont le 45 tours par minute est encadré au-dessus de mon imprimante couleur.

Depuis des mois, la presse spécialisée se demandait comment Portishead se démarquerait de son lourd passé, quel compromis ils devraient faire pour faire évoluer leur musique. Qu'allaient-ils décider pour rivaliser avec la qualité de leurs deux premiers cédés, considérés par le monde entier comme les piliers du mouvement trip-hop? En faisant un album aux sonorités plus acoustiques (comme l'envolée solo de Beth Gibbons l'avait laissé supposer)? En faisant un album plus tourné vers la musique électronique? En creusant encore plus l'aspect urbain et industriel si cher au courant de Bristol?

Aujourd'hui, je comprends que ce questionnement stupide (qui était aussi le mien) avait omis combien la qualité de Portishead résidait justement dans leur refus du compromis. Et, ainsi, forts de leur intégrité, ils ont offert tout cela au troisième né.

Il y a là, bien sûr, ce qui avait fait la qualité des deux premiers cédés du groupe au milieu des années 90', c'est à dire cette capacité à digérer les sept dernières décennies de musique, depuis la tristesse du jazz de Billie Holiday, jusqu'à l'élégance du hip-hop new-yorkais, en passant par la violence du rock des Breeders.
Mais, il y a aussi, par dessus tout cela, un peu de ce qui a ému le monde musical depuis leur deuxième album : la pureté de "Everything in its right place" de Radiohead, la sensualité de "Love can damage your health" de Telepopmusik, la nonchalance de "Lovely head" de Goldfrapp, le désordre de "5 Time Out Of 100" de Hot Hot Heat, le dénuement du "Greatest" de Cat Power...Et le résultat est renversant de violence contenue !

Mais, à mes yeux, la plus grande des qualités de cet opus, c'est de parvenir, une fois de plus, a bouleverser les courants.
En produisant une musique violente, profonde, mais difficile d'accès à la première écoute : la sonorité industrielle de "Machine Gun", la beauté planante de la bombe mi-folk mi-électro "The Rip" ou la lenteur de "Small" nous imposent de les écouter d'une manière ouverte et réfléchie.
Et c'est cela qui avait valu à Portishead l'admiration soudaine de l'Europe entière.

Jetez vous à la Fnac dès sa sortie, le 28 Avril. Un album à acheter, pas à télécharger.
Puis viendra cette date que j'attends fébrilement, celle du passage du groupe à Paris, le 5 mai.


En attendant, contentez vous de cette vidéo de The Rip, issue donc de "Third" de Portishead.

samedi 5 avril 2008

Qu'est ce qu'on va faire de ça?

Michel Michal est un type sympa. Je suis le nouveau stagiaire précaire du service comptabilité et expertise financière. Dès mon premier jour il m’a pris sous son aile. Quand j’ai rencontré l’homme j’ai été impressionné, c’était dans la salle d’archivage des résultats des 6èmes mois des années bissextiles. Mephisto demi-saison en lanière de croco tressée aux pieds, costume Brice jaune pâle vaporeux à la coupe parfaite, cravate en laine tricotée parme, le mec assurait ! La grande classe. J’ai tout de suite senti que cet homme était un leader.

Tout en m’examinant de pied en cap, il s’avance vers moi dans la rangée d’archive d’un pas d’empereur.
« Qu’est ce qu’on va faire de toi ? » me demande-t-il sans frémir de la moustache
« C’est marrant que vous me demandiez ça m’sieur Michal, c’est une chanson que j’écoute. »
« Parce que t’écoutes de la musique toi ? »
« J’ai un walkman auto-reverse, un peu que j’écoute de la musique ! C’est plus sympa pour faire l’archivage »
« Et c’est quoi cette chanson que t’écoute ? »

Et là je lui explique que « Qu’est qu’on va faire de toi » est une chanson d’Alister. Un chanteur français repéré par Radical Prod qui s’occupe aussi de Malajube, Arcade Fire et même Naast (sic). Sous ce pseudo se cache Christophe Ernault : branleur barbu talentueux qui a le sens de la formule et de la bonne blague. Il vous à tous fait marrer au moins une fois dans votre vie. Il avait un boulot génial, auteur de la Minute Blonde sur Canal+. Il a aussi écrit un recueil de nouvelles, Playlist.

Une voix désabusée, un brin arrogante et désinvolte qui oscille entre la discussion et le chant Alister fait de la chanson? Du rock? Les deux à la fois. à la suite. On ne sait pas trop mais ça marche. Grâce à une mélodie génialement agaçante et le sens de la formule, Qu’est-ce qu’on va faire de toi, empile les lyrics slogans pour décrire une génération perdue dans une société qui s’emballe. Un zapping vertigineux sur les dérives des sms, des dents blanches, des derviches tourneurs, des BPM, des anorexiques branchées, des sitcoms, des sentiments, des drogues et des amis qu’on filtre.
Bien agité, bien agencé, Qu’est ce qu’on va faire de toi est un hymne de la génération qui ne veut plus travailler, et non travailler plus.

Son album Aucun mal ne vous sera fait est dans les bacs depuis quelques jours, pour écouter d’autres morceaux et ses dates de concert : son myspace. Et pour vous faire plaisir, le clip de Qu’est-ce qu’on va faire de toi ?

mardi 1 avril 2008

Metronomy: Les Bontempi Survivors

Qu’en est-il de la New New Wave ? Depuis la mise sous silence du précurseur maudit, « Les Rythmes Digitales », la scène électro revival anglaise était presque amorphe, submergée par une New Rave beaucoup moins innovante et hélas vite lassante.

Mais la malédiction a pourtant été conjurée, il restait en effet encore certains irréductibles ayant refusé de remiser les « Bontempi », des fans de Depeche Mode de la dernière heure, gavés d’électro minimale et d’arrangements craignos de nos regrettées 80’s.

Aux avant-postes de cette nouvelle vague, nous avions découvert le trio Metronomy il y a de cela presque 1 an. « Radio Ladio », leur premier single, avait alors fait un joli parcours sur Myspace, et ces derniers en avaient profité pour se lancer dans une longue tournée européenne, sans oublier de venir nous rendre visite à plusieurs reprises.

Ils sont aujourd’hui de retour avec « My Heart Rate Rapid » (sortie le 7 avril) et il fait nul doute qu’ils devraient réussir à en convertir plus d’un à leur sauce synthétiquement délirante.
Pour les puristes, plus d’infos sur : myspace.com/metronomy

Laissez-vous emporter par le cybernétique « Radio Ladio » :

jeudi 27 mars 2008

T'es Hip Hop mec!



Le retour des dinosaures NTM à Bercy? Le concert des IAM au Caire? Non et encore non! Le rap français n'a plus besoin de ses vieilles reliques puisque Hocus Pocus a repris le flambeau. Découvert grâce à notre ami Christian Leguidec (un vrai chercheur de talent celui-là), le groupe Nantais a réussi un alliage que l'on pouvait croire impossible: finesse des textes, collaborations US pointus (les Procutions en tête), mais surtout musiques jazzys et choix de samples de haute volée!

Leur musique nous rappelle immédiatement les débuts du hip hop: Grand Master Flash, Run DMC, Sugar Hill Gang viennent tout de suite à l'esprit de l'auditeur. Un hip hop old school et festif qui ne délaisse cependant pas un certain engagement. Leur dernier album, Place 54, sorti il y a moins d'un an, est une réussite que vous conseille vivement d'acquérir.

Je vous laisse découvrir leur meilleure chanson, "Hip Hop". Une vidéo d'une imagination débordante, un son imparable, des textes bourrés d'humour, que demander de plus?